« La commune de
Niafles a retrouvé son calme ce matin. L’église de la petite commune du
Sud Mayenne est vide. Elle a été évacuée cette nuit par les gendarmes à
2 h 00 du matin. » |
Ce n’est qu’après
l’explosion de la porte de la sacristie à coups de masse, de cognée et
de hache par un groupe d’émeutiers, menés vraisemblablement par un
membre du conseil municipal, que les gendarmes sont intervenus pour
empêcher ces mêmes émeutiers d’entrer dans les locaux.
En effet, le maire, propriétaire des murs de l’église, a le droit
d’en exploser les portes s’il le veut, mais ce qui se passe dans
l’église est du ressort de l’Evêque, dixit un officier de la
gendarmerie, peut-être le même qui a su convaincre les gardiens
retranchés dans le sanctuaire qu’ils ont su isoler parfaitement, que
pour sauver leur peau face à ce déferlement de haine, il valait mieux
accepter de sortir sous la protection de la gendarmerie. |
« Avant ça, la nuit a donc
été particulièrement agitée, avec en toile de fonds toujours le conflit
entre la population et la poignée de fidèles traditionalistes qui occupe
l’église depuis plus d’un mois. »
« Vers 22 h 00, alors qu’un groupe de Niaflais était réuni aux abords
de l’église, en pleine discussion avec les gendarmes, un des fidèles
traditionalistes, le Docteur Luc Perrel, a tenté de foncer sur la foule
avec sa voiture à plusieurs reprises. Le médecin a été arrêté par les
gendarmes. Il est actuellement en garde à vue. » |
Le Docteur Luc Perrel, en
essayant en effet de joindre les occupants de l’église, a été assailli
par deux ou trois personnes qui ont frappé son véhicule à coups de
poings et de pieds, l’un d’eux essayant même de l’en extraire.
Pour se dégager, le Docteur Luc Perrel a effectué un demi-tour et a
dû zigzaguer, précisément pour éviter de heurter la trentaine de
personnes hostiles. Sa première erreur, il le reconnaît, fut de ne pas
s’arrêter à l’injonction des deux gendarmes en faction, puis de tenter
de revenir sur place à plusieurs reprises.
Et l’affaire s’arrête là, avec son interpellation liée à son refus
d’obtempérer, en raison d’une certaine panique due à la grande
agressivité de la foule. |
Le récit de Daniel Gendry,
adjoint au maire de Niafles. |
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« Il n’y avait pas de
manifestation, rien du tout. Le deuxième adjoint, comme moi je fais
régulièrement depuis la tension qu’il y a dans la commune, on descend
régulièrement voir, on s’enquiert un petit peu de la population pour
voir qu’il n’y ait pas de débordement (sic). Donc, c’était dans ce
cadre-là qu’on est venu. Et c’est là-dessus qu’il y a eu un débordement.
A ce moment, il y a un des occupants, qui venait sans doute prendre la
relève, qui, voyant que les gendarmes étaient là, s’est excité, c’est
devenu, on va dire hystérique et fou, a foncé d’abord sur la population,
sur les gens qui étaient là, a essayé de foncer également sur les forces
de l’ordre, a fait plusieurs allées et venues dans la commune d’une
façon complètement déraisonnable, à toute vitesse, en essayant d’écraser
tout ce qu’il pouvait trouver. Donc là-dessus, les gendarmes ont été
appelés, puisqu’ils ont été appelés en renfort (sic), et le Monsieur
occupant s’est retrouvé en garde-à-vue. » |
Quel débordement peut-il y
avoir avec des personnes qui s’enferment à l’intérieur d’un édifice ?
Si c’est en voyant les gendarmes que Luc Perrel est devenu «
hystérique et fou », pourquoi les avoir appelés alors qu’ils étaient sur
place ?
« Pas de manifestation, rien du tout », mais alors, que faisaient
trente personnes belliqueuses à cette heure de la nuit dans ce village
toujours désert ?
Quant au reste farfelu concernant le Docteur Perrel, voir ci-dessus.
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- « Est-ce que vous
pensez qu’on arrive à la fin du conflit, enfin ?
- J’en sais rien. Tout est possible. Ce que j’alerte, moi, c’est
éventuellement les autres communes parce que les problèmes qu’on a à
Niafles, alors peut-être qu’on va les revivre à Niafles (sic). On n’en
sait absolument rien. Mais je pense que d’autres communes vont les
vivre. »
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Dans le même style de
français approximatif, le maire de Niafles, M. Montécot, appelait
lui-même les membres de la communauté dans l’église, le dimanche de
l’émeute principale, à occuper les églises de leurs communes
respectives. |
« J’espère que les
occupants, s’ils veulent respecter la démocratie un tant soit peu,
regardent autour d’eux l’appel qui les ait fait (sic) car je les engage
à aller occuper les églises de leurs communes où ils habitent. »
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Le maire et son premier
adjoint devraient s’entendre ! |
L’adjoint au maire de Niafles
fait sans doute allusion à la commune de La Roë, une commune où le maire
a reçu début juin une demande de la Fraternité Saint Pierre pour
accueillir les traditionalistes. Les élus ont adopté un délibéré en
conseil municipal vendredi dernier, un délibéré qui dit que l’église est
disponible, mais que c’est à l’Evêque de décider de l’affectation de
l’édifice. |
Nous sommes là en présence
d’une déformation caractéristique de la vérité. En effet, les choses ne
sont pas totalement fausses, elles sont tout simplement inversées.
Si la Fraternité Saint Pierre a fait cette demande au maire, c’est
parce que ce maire était demandeur. Il avait besoin du papier de la
Fraternité Saint Pierre pour présenter un projet à son conseil municipal
et surtout à l’Evêque |